Entretien avec Claude Derhan sur le concept de racisme

racisme

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi » Montaigne, à propos de son ami La Boétie nous éclairait dans son trouble désir. Du côté de l’amitié profonde, je citerai mon ami Claude Derhan, qui m’a justement touché, à travers l’économie, l’esprit d’entreprise, et la liberté de son esprit savamment autodidacte. Cet homme m’a permis d’accepter le principe d’une vie simple et riche spirituellement. Fils d’un couple d’instituteurs formés sous la IIIème République, il est la personne la plus intelligente que j’ai autour de moi, dans ma vie. Comédien, lecteur, entrepreneur, étymologue, bloggeur, actif dans des associations d’écologie militante, critique de la société contemporaine capitalistique, africaniste, jardinier, musicologue et anthropologue très averti en matière de jazz, de chanson de musiques traditionnelles. Hier soir encore, il me disait qu’il avait recueilli, ces dernières années plusieurs centaines de pages en « fichier Word » chacune regroupant une vingtaine de références musicales « Youtube », ce qui représente des milliers d’heures d’écoute. Claude est fascinant de limpidité. À l’âge de mes parents, autour de soixante-dix ans, il est un magicien du mot, du chiffre, du concept, de l’humour !  Cet Africain aux origines germaniques est devant moi, l’origine française de l’anarchisme ! Claude n’est pas boiteux au sens physique ni psychique, mais sa claudication réside dans le « désaccord parfait » avec une société malade. Lui est éloigné, par le rire, la déraison, l’humour fin, de cette pathologie nauséeuse du « socius » de nos jours. Mes parents, d’ailleurs lorsqu’ils l’ont croisé, l’ont beaucoup apprécié ! Claude Derhan, c’est le dandysme africain façon « aristocrate-populaire ». Car, son esprit empli de finesse sent les valeurs de la République, de la Lascivité, de l’ouverture à l’autre, du manganisme ; nappé de critique. Et, j’aime les êtres critiques, plus que tout. Selon le dictionnaire Larousse, ce mot vient du latin « criticus », issu du grec ancien κριτικός kritikos (« capable de discernement, de jugement ») apparenté à κρίσις crisis (« crise ») ; dérivé du verbe krinein (« séparer », « choisir », « décider », « passer au tamis »). D’une certaine façon, je conclurai de la sorte : « être critique c’est passer une chose au crible d’un jugement tout en étant en crise ». Etre en crise est la meilleure chose qui soit pour un gentleman ; il s’agit de ne pas tuer la vulnérabilité, la dysphorie, l’altérité de l’intérieur au creux de son cœur.

Qui parle ? D’où viens-tu ?

Qui parle ? Aïe aïe aïe la question qui…  questionne ! Alors, de moi à toi, dans cette affaire c’est d’abord le père de cinq « métis ».

Mon aîné, Corey, qui approche de la quarantaine, est de mère américaine, elle-même diversement enracinée dans le noir, le blanc, l'(amer)indien. Le deuxième, Nathanaël, est né d’une maman guyanaise. Son prénom fait écho à Gide « Ne souhaite pas, Nathanaël, trouver Dieu ailleurs que partout. ». Ensuite m’est venue – extase – une fille, prénommée Fiona par sa mère et par moi Yéb’é, Tsilla (l’enfant blond), Djamila, Princesse. Puis son inséparable petit frère, Erwan, qu’on surnomma « le sage » dès sa toute petite enfance. Enfin tout récemment comme tu sais, une fille encore, à qui j’ai donné le nom de Akiko, l’enfant de l’automne au pays du soleil levant. Sa maman est guinéenne, de mère peule, de père malinké.

Je suis né deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale ; ma mère m’a rapporté qu’à l’époque le pain, entre autres, était encore rationné. Mes parents étaient tout jeunes instituteurs, affectés à Chavanges, une bourgade exilée aux confins du département de l’Aube. Et, selon l’usage, logés à l’école.

Mon accouchement s’est déclenché soudain, un mois avant la date prévue et maman n’a pu être transportée à l’hôpital. Je suis donc venu au monde à l’école. Peut-on être plus laïque ? (*)

(*) Si tu aimes, LIKE !

Je saute à mes vingt ans.

En septembre 1967 je pose le pied sur la terre d’Afrique Centrale, pour moi petit provincial tout un univers inconnu. C’est alors que je vais prendre conscience qu’il y a des Noirs. Mais je mettrai quelques décennies encore à savoir que je suis un Blanc.

Je tombe amoureux d’une belle fille couleur locale, nous voulons revenir ensemble, mais impossible pour elle d’obtenir un visa, alors on se marie. Et retour en France. C’est à partir de là que ma vie même s’est en quelque sorte métissée. Je suis devenu au fil du temps un observateur étrange.

Depuis un demi-siècle je regarde le racisme à l’œuvre derrière tous ses avatars, en me livrant à une réflexion abyssale. Et en cours de chemin j’ai découvert qu’à ce sujet le meilleur outil de réflexion  ̶  mais fallait-il s’attendre à autre chose ?  ̶  c’est le miroir. Maintenant il y a une question derrière la question.

Pourquoi faut-il savoir QUI parle ? Un argument ne se suffit-il pas à lui-même ? Savoir qui parle ne risque-t-il pas d’influer a priori sur l’oreille qui reçoit la parole. Contextualiser certes ! Mais attention, essentialiser est à l’affut.

Je préciserai.

Qu’entendre par « expert en dilettantisme » ?

Paradoxe provocateur, une sorte d’indéfinition de moi-même.

J’ai un parcours d’études atypique, c’est peu dire. Juste un exemple : j’ai suivi au lycée la filière dite « C », à la fois littéraire, avec du latin, et matheuse. En terminale il y avait trois voies : j’ai choisi « math élem », (mathématiques élémentaires). Et puis ça ne m’emballait pas, j’ai donc changé à la fin du premier trimestre ; mais au lieu de passerpar la voie médiane « sciences ex » (sciences expérimentales) comme il aurait été logique et comme mes profs me le conseillaient, j’ai fait le grand saut en philo. D’un extrême à l’autre.

Après mon bac j’ai fait une année de lettres modernes à Sarrebrück (propédeutique), français, allemand, espagnol, j’ai eu mon CELG je me demande comment. Là nouveau revirement j’ai voulu faire du théâtre, je suis donc « monté » à Paris suivre des cours. Et puis j’ai décidé de me débarrasser de mon service militaire et c’est l’intermède Centrafrique.

De retour en France, théâtre à nouveau, et je me présente au concours d’entrée du Conserva-toire National d’Art Dramatique. Mais en totale inconscience, c’est des années et des années plus tard que je réaliserai l’importance, le prestige même de cet établissement, qui est en somme l’une des « Grandes Écoles » de France. J’avais été reçu quatrième de vingt-deux élèves admis, sur 621 candidats.

Mais entre le Conservatoire et moi la greffe ne prendra pas. Je me sens étranger à tous ces gosses de riches plus ou moins giscardiens qui squattent le lieu, genre Nathalie B.  Je me ferai virer en deuxième année.Bref j’ai passé ma vie d’études à virevolter en tous sens, à fuir, à décevoir. Conduite d’échec on s’appelle ça ?

Donc, expert oui, en dilettantisme.

À travers tes voyages en Afrique, tu as entendu parler de racisme envers les Noirs, de racisme anti-blanc, de racisme universel, en somme ?

Plutôt qu’en entendre parler, j’étais aux premières loges.

Tout d’abord j’ai vu autour de moi le « racisme ordinaire » chez mes camarades de promotion, presque tous. Le mépris quasi « naturel » envers les autochtones, avec des détails précis : l’un de mes collègues par exemple, parlait des « Négus » pour ne pas dire « les Nègres ».

Concernant le racisme « inter-africain » je me souviens d’une anecdote singulière qui, sur le coup, m’a sidéré. J’avais à corriger des copies de candidats au concours d’entrée à l’Ena de Bangui où j’étais donc prof de français. Je ne me souviens pas exactement du sujet mais le thème portait évidemment sur la gestion du pays. Je tombe sur une copie où l’élève, en quelques phrases catégoriques, déclare sans ciller qu’il fallait liquider tous les Ngbandi (une ethnie de l’est). Texto. J’avoue que j’ai eu du mal à en croire mes yeux. Je lui ai collé un zéro rageur qui a probablement modifié sa carrière.

Alors oui, ces racismes-là m’ont sauté aux yeux, ces racismes-là je les ai vus immédiatement.

Par contre il existait un autre racisme, que j’allais mettre un certain temps à appréhender : le mien.

Ta réflexion, depuis quarante ans t’a donc mené vers une perception assez globale de ce phénomène qu’est le racisme, mais qu’en est-il de ses liens et oppositions avec l’antisémitisme de nos jours en France ?

(Cinquante ans. exactement)

Une perception que je veux universelle et « neutre » (mais…   qui parle ? !).

M.R.A.P. : Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix.

L’antisémitisme est souvent (systématiquement ?) adjoint au, et ipso facto disjoint du, racisme. Je me suis fait la réflexion qu’il devrait exister une association anti raciste de sigle M.C.R.T.C. Mouvement Contre le Racisme Tout Court. (Ce qui nous ramène à la question : y a-t-il des arguments « en soi », en l’occurrence y a-t-il un racisme en soi ou chaque racisme est-il essentiellement unique ?). Dit plus brutalement, faut-il être Juif pour combattre l’antisémitisme ?

Cela dit l’antisémitisme cumule nombre d’originalités voire d’exclusivités, et si l’on ose dire, de prérogatives. C’est un prototype, un archétype, un laboratoire, un phénix. Ce racisme-là préside à tout ce qui se fait dans le domaine et son parrainage semble indispensable, la marque est déposée.

Son titre d’abord est un hold-up : ne devrait-il pas se nommer anti-judaïsme voire anti-hébraïsme ?Les Sémites, d’après Littré, sont « des peuples qui parlèrent ou parlent babylonien, chaldéen, phénicien, hébreu, samaritain, syriaque, arabe et éthiopien. »Et selon le Robert historique, « le mot désigne une personne qui appartient à un groupe ethnique originaire d’Asie occidentale, dont les peuples parlent ou parlèrent des langues apparentées, dites sémitiques. Abusivement le nom s’applique (fin XIXème s.) au Juifs seuls alors que le concept englobait les Arabes. »

La question des liens avec le « racisme en général » demande des mises au point préalables.

Tenter d’abord d’établir une perspective historique de la relation entre ce « peuple (auto)élu » de l’ancien testament avec les peuples côtoyés. Un peuple élu ce n’est pas une race c’est une sorte de club, et si ce peuple élu s’attire les foudres d‘une population voisine il ne s’agit pas a priori de racisme. Donc à quel moment et en quel lieu commence-t-on à assimiler ce groupe religieux à « une race » ? Et qui est ce « on » ? Ce peuple lui-même, d’autres peuples ? Où l’on voit que tout part du concept de race.

Raison pour laquelle j’ai dans l’idée qu’un premier jet de ce travail pourrait se limiter à cette recherche : qu’est-ce qu’une « race » dans les différentes cultures humaines, comment advient une « race » ?

Par ailleurs l’ancien testament décrit à profusion la descendance de nombreux personnages et (presque) toujours il s’agit d’hommes : les fils de Noé, les fils de Cham, de Sem, de Japhet, les fils de…  les fils de. Au point que l’expression « la race de David » n’a pas d’équivalent féminin, on ne dit pas la race de Ruth, la race de Rebecca, parce qu’IL N’Y A PAS de race de Ruth etc.

Il semblerait, à travers les sciences sociales contemporaines – souvent taxées de disciplines de l’excuse –que le question du genre rentre à présent pleinement dans le champ de la réflexion sur le racisme. En effet, être femme noire n’est pas aisé, tout comme homme transgenre peut ne pas être aisé face à une population migrante en France acculturée. Tout le monde souffre, certes ; mais où pourrait bien se situer la limite entre victimisation des femmes africaines et victimisation et non compréhension du côté des personnes LGBTQI qui ne sont pas forcément toutes de culture africaine ou musulmane ? 

Depuis peu, effectivement, (sous l’impulsion soixante-huitarde ?) le champ du racisme accueille des cohortes de nouveaux arrivants. Il y a un danger, c’est que la notion même de racisme s’y noie.

J’en veux pour exemple l’islamophobie. Je crois que cette « nouveauté » a trouvé un large public à partir de la conférence de Durban en 2001. (à vérifier) Le terme islamophobie est sans ambiguïté, il vise les adversaires de l’islam ; or l’islam relève du culturel, c’est un acquis, en toute rigueur on a le choix d’être ou de ne pas être musulman, même si l’apostasie est punie de mort (une règle mise en question par certains musulmans).

Or ce qui fait la spécificité du racisme et son ignominie c’est que sa victime n’a aucun choix, puisque l’« essence » de cette victime est d’ordre génétique.

L’islamophobie donc, tend à vider le concept de racisme de son sens.

Une petite restriction tout de même. Historiquement l’islam a partie liée avec une expansion militaire. D’abord de conquête de la totalité de la péninsule arabique, puis de pays avoisinants, tant au Proche-Orient qu’en Afrique du Nord. Conquête qui a été l’occasion de conversions méthodiques, souvent forcées. Et comme le coran ne se récite qu’en arabe l’apprentissage de la langue par les peuples conquis et convertis coulait de source. Tant et si bien qu’aujourd’hui on parle arabe dans (quasi) tous les pays envahis, même si des variantes importantes existent, au point qu’un Yéménite ne peut comprendre un Tunisien. Ajoutons que tous les musulmans font partie de la « Oumma », vocable très pauvrement traduit par « communauté », puisqu’en toute rigueur ce terme, sur la racine de « mère » (oum = أُمُّ), désigne l’ensemble des enfants d’une même mère.

L’islamophobie est un concept qui touille donc allègrement l’acquis et l’inné : converti à l’islam on devient symboliquement frère de sang. C’est sans doute la raison pour laquelle on parle couramment d’« Arabo-musulmans » (*) pour désigner des ressortissants de pays multiples et très divers.

Et du coup, d’un point de vue musulman l’islamophobie a une certaine légitimité à investir de champ du racisme.

(*) A-t-on jamais parlé « d’Hispano-catholiques » pour désigner les Péruviens, ou « d’Anglo-protestants » pour nommer les Américains ?

Par contre c’est tout naturellement que les questions de genre, d’homosexualité, de handicap, entrent dans l’univers du racisme.

Être femme noire n’est pas aisé dis-tu, je suppose que tu entends « en terre blanche », c’est-à-dire là où se combinent des discriminations diverses, de genre, de couleur etc… Parce qu’être femme, sans plus, n’est déjà pas aisé. (dans ce monde de brutes)

Quant aux populations migrantes, leurs propres rapports hommes/femmes subissent des chocs violents et des remises en cause insidieuses et radicales. Pour prendre un exemple emblématique, l’illégalité de la polygamie, laquelle est traditionnellement en Afrique noire, et encore aujourd’hui du moins en zone rurale, une marque de réussite sociale et un signe de virilité, son illégalité en France et en « occident » est vécue de façons diverses et certainement opposées par les migrants hommes et les migrantes femmes, et il est certain qu’elle déstabilise un ordre social jusqu’à ses fondements. Et le fait que ce soit l’ancien colon qui impose la règle contraire de la monogamie n’est pas pour simplifier les choses.

Symétriquement les « gardiens de l’ordre » des pays « hôtes » de l’immigration vont cibler la « virilité » des groupes migrants  ̶  il faut humilier, et le plus brutalement est le mieux  ̶  témoins ces ratonnades systématiques de jeunes hommes banlieusards « de couleur » au cours d’échauffourées, en particulier la récente affaire Théo qui se résume, pour appeler un chat un chat, par la sodomisation d’un « jeune mâle noir » par un « guerrier blanc ».

Du reste tu me fais penser à un aspect que je n’avais pas envisagé, à savoir : est-ce que le racisme ne comporterait pas a priori une dimension sexuelle ?

Pour en revenir à la deuxième partie de ta question, il est sûr que la « sortie du bois » par les minorités sexuellement déviantes de la norme, déjà très problématique dans les sociétés occidentales, est inenvisageable aujourd’hui par des populations qui sont déjà aux prises avec une anormalité « naturelle » et ressentent le besoin de prouver leur intégration à une norme sociale. Bref, ce n’est pas en trois quatre lignes qu’on va traiter ça il faudra qu’on en reparle.

 

Claude Derhan (Propos recueillis par Christophe Gerbaud)

Auteur : Christophe Gerbaud

Né le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné. Adopté à six mois. Handicapé visuel. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien stagiaire pendant un an. A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans le 11ème arrondissement de Paris, pour séances de psychothérapie.

4 réflexions sur « Entretien avec Claude Derhan sur le concept de racisme »

  1. Bonsoir Christophe. Je suis ravi de lire cet article car je connais très bien Claude Derhan et j’en suis un fanatique. J’ai un peu eu du mal à suivre ces effluves très intelligentes mais par contre pour ta description liminaire sur le personnage, je la trouve d’autant plus charmante quelle est complètement exacte…

    Aimé par 2 personnes

  2. Un vrai régal cet échange, intime, riche, auquel le lecteur assiste presque comme un voyeur… Claude Derhan a traversé ma vie. Adolescente il a su (r) éveiller m’a curiosité. Aiguiser ma vivacité d’esprit en m’offrant de la littérature un peu décalée par rapport à mon éducation judéo chrétienne très « prout prout » ( Le Parfum, de Patrick Süskind, c’est lui !) et je je retrouve effectivement à travers cet entretien un homme d’une intelligence incroyable… On a envie de le croquer… Pour garder en soi toute la richesse de son esprit !

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