« LA TRANSPHOBIE N’EXISTE PAS » : Chacun.e est responsable …

«       Un sein qui pousse est toujours un retour à la primitivité, à l’archaïsme – d’une grotte, de l’eau, d’un tissu primordial – et de la respiration maternante de la Terre. » Gaston Bachelard revisité par votre serveuse.

contre la transpobie

 
J’utilise ce titre provocateur à dessein. Dans la mesure où la transpbobie n’est pas un phénomène uniquement individuel mais également collectif. Chaque individu incorpore, introjecte dirait-on en psychanalyse la » loi du Père » ; ce qui revient à dire qu’une psychanalyse menée à son terme est couronnée par la castration du sujet, avec pour épitaphe : « Travailles, aime, comprends, apprends et tais-toi ». Ceci, dès la plus petite enfance, nous sommes formatées / façonnés par un discours métaphysique ; il s’agit pareillement, du reste, d’une manière de tenir la petite fille, d’une manière de tenir le petit garçon et, certainement d’une compétition mise en œuvre, scénarisée par les parents, déjà dans la façon de sucer la tétine. Ensuite, au-delà de la posture physique, le langage féminin procède d’un certain « style » qui serait plutôt du côté du soin (voix douce), alors que le langage masculin participe d’un « style » mécanicien : « guerrier » (voix forte) ; ainsi la société laisse place à des stéréotypes de genre étayants, rassurants, infantuilisant, donc assez scandaleux. L’avantage des études de genres et de la « queer-théorie » est réellement de remettre en question résistances sociales / politiques qui relèvent plus de la croyance religieuse que d’un fondement scientifique (« réfutable », i-e : où le cas particulier fait avancer le savoir, ce qui nous éloigne des lois générales œdipiennes, souvent trop simplificatrices de la « psychanalyse orthodoxe »). Si une personne transgenre (« Femelle To Mâle ») désire se sentir sexuellement femme, alors qu’elle est née avec un pénis ; d’une part ce n’est – bien évidemment – pas de sa faute car elle n’a rien choisi et d’autre part, la souffrance dans l’inadéquation sexuelle (liée au fait de ne pas pouvoir se sentir considérée comme une femme à part entière est palpable. Être aimée ; pénétrée – perçue comme une « travailleuse-femme-mère potentielle » par l’entremise d’un vagin est le désir de certaines femmes transgenres. La souffrance liée au genre est souvent immense. En matière de responsabilité, ce qui est renvoyé aux personnes transgenres est le fait de ne pas correspondre au genre binaire instauré par la société humaine, pour lier fantasmatiquement les individus entre eux ; mais aussi par une certaine détermination biologique animale – en ce sens, l’on retrouve dans l’ordre zoologique plusieurs animaux parfaitement intersexués, aimant le même partenaire sexuel et probablement transgenres dans leur orientation identitaire. Cette responsabilité (« d’être ou de ne pas être » : binaire) peut porter, à bien des égards à faire culpabiliser les personnes transgenres. D’un point de vue économique – ce qui n’est ni le cas socialement, ni du point de vue du droit forcément -, la guerre est faite au genre féminin et tout particulièrement aux personnes transgenres (Femelle To Mâle). La responsabilité individuelle, subjective tiendrait au fait de ne pas essentialiser, naturaliser, ontologier (comme « un être en tant qu’être »), donc admettons m’appeler : « Chris » ou « Christelle » et non plus « Christophe ». Car ce qui importe est ce que nous avons dans la tête : la manière dont nous désirerons, nous désirons Autrui et désirons vivre une sexualité et non ce qui se trouve dans la culotte. Mais s’il y a défaut de responsabilité individuelle, cela est lié non seulement à notre éducation mais aussi aux peurs, aux tabous, aux résistances psychologiques qui font que nous nous protégeons l’esprit (et donc le corps) de tout ce qui ne nous ressemble pas. La société, ce qui veut dire : « chacun.e de nous » conchie la différence. Mon propos semble revendicatif, certes, mais il se fait aussi que depuis 1979, du fait de ma personnalité « hors normes » je souffre d’exclusion familiale, sociale, souvent amicale et presque toujours amoureuse ou sexuelle. Assurément, dans ce déficit de responsabilité est nichée également l’incorporation de la transphobie chez nombre de personnes transgenres.
Sur le plan collectif cette dernière me semble moins présente que’au niveau des individus (parfois « pestiférées émotionnellement »), cela est lié au fait que nous faisons face à des individus divers, de fait à chaque fois différents. Cela étant dit, nous sommes construits à partir de catégories mentales (de concepts) mais aussi d’émotions relativement proches – cette culture qui nous est commune est une culture mondialisée occidentale. Le travail de la responsabilité serait enfin de faire émerger à la conscience ce qui est chez nous inconscient – expliciter, donc rendre notre vie dense. Travailler l’apaisement des émotions ; la haine du féminin, nommée misogynie (plus ou moins) en chacun de nous, notamment. À partir de ce moment-là, cette transpbobie qui trucide des milliers d’individus par an, à partir de la « loi du Père » (ce patriarcat culpabilisateur), des dogmes religieux, du désir d’annihiler nos fragilités individuelles mais en même temps nos manières d’avoir des orgasmes – avec moins d’indifférence … ! – pourrait s’épuiser et se muter en une responsabilité, voire une spiritualité sans Dieu : une ode au sacré matériel, transgenre.

Auteur : Christophe Gerbaud

Né le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné. Adopté à six mois. Handicapé visuel. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien stagiaire pendant un an. A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans le 11ème arrondissement de Paris, pour séances de psychothérapie.

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