« Demain, je pars pour Alger » : vers un progressisme vs le conservatisme parisien … ?

 

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Place de la République à Paris, ce dimanche, contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Photo Marc Chaumeil pour le journal Libération. 

« C’est un vrai sujet. Je pense que c’est le plus gros « objet »’ politique des prochains jours et semaines, sur fond d’élections européennes. Ça mobilise en temps le président de la République et le Premier ministre », a confié à ce titre un ministre interrogé par l’Agence France-Presse (AFP). « Instabilité, questions de sécurité, immigration, questions économiques, ressenti et comportements de nos compatriotes franco-algériens… »: Les possibles répercussions sont nombreuses, s’inquiète Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, comme l’a révélé L’Obs.

 Paris-Alger, qui est qui ?

 

« L’Algérie aspire à la liberté tandis que l’islam intégriste s’impose en France. Un système de vases communicants. Reste qu’il faut prendre plus que jamais avec des pincettes toute info sur l’Algérie » écrivait le journaliste Jean-Louis Ronchon. Depuis hier, Albert (dit Abdel, pour les intimes) Camus semble ressuscité, comme si revenant à Alger. Ce sont plusieurs dizaines de milliers d’Algériens qui défilent. Le 1er mars dans le centre d’Alger et dans le reste du pays. Contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, il y a une levée de bouclier très nette. En face : une police apparaissant débordée. « Pouvoir assassin ! » a scandé à Alger une foule non négligeable. Sur les réseaux sociaux, l’Etat brouille les connexions. Ce qui est difficile à évaluer précisément ce sont les milliers de manifestants. Ces derniers brandissaient des drapeaux algériens, et étaient alors rassemblés près de la place de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du centre de la capitale. Au moins dix personnes ont été blessées lors d’affrontements entre policiers et groupes de jeunes manifestants.

Comment ne pas envisager un « envers » et un « endroit » inversé entre Paris / Alger / Paris ? Du reste il y a un an et demie sortait le documentaire : « N’allez pas en Algérie » qui était une exhortation à la compréhension du grand mouvement du monde, Héraclite disait que « l’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». On peut être la détestation sociale incarnée, donc être  paradoxalement dépositaire d’une certaine grâce … Cosmopolitique ! « Demain, je pars pour Alger » – ce pourrait de la sorte le titre d’un article d’une judéo-berbère, trans (genre – etc.), libre penseuse et libertine, contre les voiles ou pas …., déconstruisant les stéréotypes, aimant la polémique et, enfin psychanalyste à ses heures … histoire d’écouter un peu les gens…! Dire de la sorte : « Ah.. !

Alger… la Belle … » :

 

Le vrai voile est celui des faveurs …

« Shalom-Salam » a-t-on donc envie de saluer… en ces temps troubles l’antisémitisme parisien et de racisme porté sur l’ africain, retourné contre soi-même en Algérie. Car, l’antisémitisme est un racisme et le racisme procède toujours de la haine de l’Autre, donc de l’Africain ce qui veut aussi dire du Juif – puisque Moise était Africain. Et s’il il a un « blocage », face au mur politique à Alger en ce moment cela semble relever du changement de paradigme éthique et donc politique.

Les gilets jaunes rament. Et les Algériens tirent les voiles … ! Le progressisme reste une idée liée au changement par le meilleur –, même si Jacques Lacan disait que la révolution revient toujours à la même place, « que-néni », Jacques dés le départ était positionné en une place et n’avait aucun intérêt à voir un changement apparaitre… N’est pas fou qui veut, et lui l’était, mais pour le sublime ! Ce progressisme malheureusement ne veut pas toujours dire la chose la plus « correcte ». Mais révolutionner la cité est nécessaire surtout quand l’Occident est devenu obscurantiste et l’Afrique du Nord ne rêve plus que d’une chose : un retour des Lumières.

Pendant ce temps en France, Balard, samedi (Paris15) la dispersion est toujours légion, là où à Alger l’unité semble de mise… là où… les pauvres en France s’insultent, se violentent arguant qu’ils n’ont pas assez d’argent pour vivre – est-ce que cela pourrait légitimer un comportement violent ? (…)

 

 Comment ne pas soutenir « #lesgiletsjaunes » ?

 

Face à cette machine à broyer qu’est l’Etat théocratique Français… comment agir ? Ailleurs, la sécularisation de l’Islam avance. Ici en mars 2019, en France une personne en situation de handicap (important) Marcel Nuss qui soutient les gilets jaunes témoigne de son désarroi : « Alors qu’un recours a été déposé l’année dernière, que je suis convoqué au tribunal le 13 mars, le Département du Bas-Rhin a demandé au Trésor Public de faire une saisie sur mon compte bancaire ! Ils ont même pris l’AAH et les charges spécifiques provenant de la PCH (prestation à la compensation du handicap), me laissant 76 €… pour couvrir les dépenses faites avec ma carte de crédit ! La loi est pourtant très claire, me semble-t-il : si une action en justice est en cours, on ne peut pas faire de saisie, de même qu’on ne peut pas saisir l’AAH ou tout autre minima social. Et pour couronner le tout, ma banque me vire comme un malpropre, clôturant le compte-courant et le compte joint sans aucune explication, juste parce qu’on vient d’ordonner une saisie sur mon compte ! C’est hallucinant ! Et ça se passe en France.».

Comme nous sommes toutes et tous exilés – nous sommes aussi des enfants d’Albert Camus. Le Gouvernement Général trouve insupportable le style de Camus dans son grand reportage « Enquête en Kabylie », publié en 1939. « Il est méprisable de dire que le peuple Kabyle s’adapte à la misère. Il est méprisable de dire que ce peuple n’a pas les mêmes besoins que nous… Il est curieux de voir comment les qualités d’un peuple peuvent servir à justifier l’abaissement où on le tient et comment la frugalité proverbiale du paysan Kabyle est appelée à justifier la faim qui le ronge. » Suite à cette série d’articles, une censure est mise en place qui aboutira à l’exclusion de Camus du journalisme algérois ; de plus, il ne pourra retrouver de travail à Alger. Juifs-Arabes-Musulmans-Gilets-Jaunes et personnes en situation de handicap ; sommes tout à fait ballotés par cette – comment dire autrement ? Cette montée collapsologique des eaux…- dans la même galère ! Tenons la barre (80 ans après Abdel Camus), celle des rayons du soleil !

 

 

 

 

 

Auteur : Sara-Aviva Gerbaud

Né.e (Christophe, Jean, Patrick) le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné.e Adopté.e à six mois. Handicapé.E visuel.le. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il /elle a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien.e stagiaire pendant un an (2014/2015). A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans Paris, en musées ou par skype dans le cadre de séances de psychothérapie. Transition via hormonothérapie débutée en septembre 2018, à ce jour le changement d'identité juridique et de genre est en cours. Prénom féminin officialisé en mai 2019 : Sara-Aviva.   A présent 2019 : auteur.e de trois ouvrages publiés chez de petits éditeurs depuis 2017 et d'une vingtaine d'articles depuis 2003. Contact : 06 48 24 88 44 sara.aviva79@gmail.com

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