Petite escapade vers un « Mur du Souffle » : entre Santé et Arts. Entretien avec Guillaume Clément

Aucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.

Il y a bientôt vingt ans, Guillaume Clément et moi étions au lycée ensemble. Originaires de Montauban (Tarn et Garonne), nous avons très vite lié amitié, passant alors notre baccalauréat littéraire dans la spécialité « arts pastiques ». Guillaume est professeur agrégé d’arts plastiques mais également enseignant en histoire des arts, audiovisuel. Il s’agit de ce que l’on nommait sous la Troisième République un pédagogue  – au sens fort du terme.  Ce dernier est porteur d’une transmission ; déjà auprès de ses enfants, de ses proches mais avant tout auteur d’un message au sein de l’association dont il est le président, espace bien nommé Mur du Souffle qui est une association artistique et caritative. Je cite : « Notre but : que l’art nous permette de récolter de l’argent pour soutenir la lutte contre la Mucoviscidose. Nous reversons les bénéfices à la recherche médicale et au soutien des malades. Nous souhaitons faire d’un handicap, une force : celle de fédérer des artistes autour d’une cause, de mettre en œuvre des énergies positives, de permettre des rencontres qui donneront du sens à ce qui semble ne pas en avoir »(« Notre association vend des œuvres d’art sur son site internet : www.murdusouffle.com) . Cet entretien est le fruit d’une longue amitié tout autant que d’une collaboration souterraine en matière d’arts et de conception Humaniste du monde.

– Pourrais-tu présenter les activités, objectifs principaux et le bilan de l’association à ce jour, depuis sa fondation ?

 

« Partager l’Art pour donner du souffle ». Notre association vend des œuvres d’art, organise des festivals de graffiti, anime des ateliers de pratique artistique, pour récolter de l’argent et ainsi soutenir le combat contre la Mucoviscidose.Les avancées sont plusieurs centaines d’euros reversés en à peine deux ans d’existence. Une sensibilisation et une information régulière quant à la maladie: définition, évolution, espoir de guérison. Beaucoup de rencontres fortes et émouvantes, car comme dans toutes situations de crise, il se révèle dans les moments importants les personnalités profondes; nous ne retenons que celles faisant preuve d’une grande générosité et de bienveillance. La chance de rencontrer des artistes de renom, de vivre des instants privilégiés avec eux, d’être au plus près de l’art en train de se faire. Notre objectif de sens est quotidiennement atteint. »

 

– Comment s’articulent selon toi les trois éthiques : famille, vie artistique et engagement en matière de santé ? 

 

« Quand la maladie s’invite dans une vie, elle le fait sans distinction. Ni nuance ni politesse. Elle est là, dans tous les pans de la vie, elle n’a pas de place donc elle prend toute la place. De la même manière, l’articulation de ce qui était puis de ce qui apparaît, se fait sur le thème de la cohabitation. On accepte l’autre, on lui donne la place que l’on souhaite, en espérant qu’il n’en demande pas plus … La famille dans toutes ses sphères est le ciment, le fondement, le sol qui reçoit nos larmes. Chez nous la vie artistique et l’engagement ont fusionné, l’un offrant son sens à l’autre. La maladie justifiant l’énergie nécessaire à la création, effaçant les doutes du pourquoi. Certaine de sa vérité, le goût du futile acte créateur n’en est désormais que plus sucré ! »

 

 

– Dans le cadre ce cette expression artistique qu’est le graffiti penses-tu qu’il puisse y avoir un retour aux sources de l’art pariétal ?

 

« C’est une évidence, tout en lui rappelle les origines de l’expression plastique : l’immédiateté de l’acte, sa fulgurance ; la verticalité du support et sa minéralité, comme sa recherche, forme de quête vers le bon lieu, vers l’in-situ ; le partage de celui qui sait, qui transmet et qui offre à voir sans compensation ; la peinture soufflée… ».

 

– Penses-tu que l’art soit un obstacle à l’amour ou au contraire un lubrifiant ?

« Forcément les deux, et en même temps !

Dans ma vie l’Art prend seul sa place, entre les êtres comme entre les choses, puisqu’il n’apparaît que par le regard posé sur un univers. Il est là avant que je ne le sache et reste après que je l’ai identifié, il est autonome.  Je l’active au quotidien en me proposant et en proposant à ma famille, mes amis, mes élèves d’être en position de création, de réfléchir à ce qui n’est pas encore visible, de chercher les réponses et les questions qui n’ont pas encore été posées. Pas de médium particulier, ils sont tous bons : le jardin, la couleur, les couverts sur la table, un mot, les vaguelettes de l’océan. L’art est lubrifiant puisqu’il articule, révèle, transcende une réalité. Obstacle non. L’engagement total à sa cause peut en être un, comme dans tous les combats menés avec âpreté. J’assume, j’accueille, un rapport raisonné mais universel à la création. Sans exclusivité.

Ce soir j’écris, après avoir romancé une journée pour endormir mon enfant et préparer un festival de partage de l’art urbain au bénéfice d’une cause caritative. L’art pour donner du sens.

Lubrifier. Nous empêcher de mourir, pas de vivre ! »

 

Entretien recueilli par Sara-Aviva (antérieurement C. Gerbaud)

Voir le site internet de l’association : https://murdusouffle.com/

 

 

Auteur : Sara-Aviva Gerbaud

Né.e (Christophe, Jean, Patrick) le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné.e Adopté.e à six mois. Handicapé.E visuel.le. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il /elle a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien.e stagiaire pendant un an (2014/2015). A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans Paris, en musées ou au par skype dans le cadre de séances de psychothérapie. Transition via hormonothérapie débutée en septembre 2018, à ce jour le changement d'identité juridique et de genre est en cours. Prénom féminin officialisé en mai 2019 : Sara-Aviva.   A présent 2019 : auteur.e de trois ouvrages publiés chez de petits éditeurs depuis 2017 et d'une vingtaine d'articles depuis 2003. Contact : 06 48 24 88 44 sara.aviva79@gmail.com

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s