La pornographie 2.0 : cet accès Divin à la paix-intérieure.

Dans une même journée …

Je suis une princesse
Modeste !
Universelle du bled,
Je suis une Tour
Banc-li.s.euse-en-feux
Médiocre !
Je suis une ivresse
Aux fesses, vives et rondes
Belle jo.y.u.iss.euse !
Je suis tristesses et pleurs
Faisant le lit de mon fleuve
Heureusement nomade !

S.A

Ce texte représente une critique de la société contemporaine, en sa dimension de repli sur-soi. Pornographique ! En effet, la simplicité du langage, la formulation on ne peut plus basique du monde fait que les corps semblent être devenus sans langage. Élément que je percevais dés le début des années 1990.  Paupérisation du sens qui nous revoie en un sens au populisme fasciste des années 30. Or dans cet espace-temps : la vie … – en sa mouvance, son irrégularité ; où est-elle passée ? 

 

Espace-Temps-Vie …

2019. La communication est devenue parfaitement « disruptive ». Ce qui veut dire « folle », coupée, dissociée, sans logique apparente, sans logique d’apprentissage, de méthode préalable. Ce temps est aussi difficile à lire que du Igor Stravinski. Dans ce contexte de crise, l’être humain est mû par la peur. Donc le langage écrit (Messanger, Facebook, ou sms, les commentaires des réseaux sociaux, les opinions réflexes et non réfléchies, toute simplification est bonne pour pouvoir faire tourner la grande machine-capitaliste. Nous sommes devenus des robots sans âmes, aux corps aliénés dépendants de leurs shoots de datas. Le temps est devenu bref ! Enclin à la rapine idéologique, on vole des idées de-ci de là. Mais surtout ce temps contemporain a un avantage, il condense d’une manière inédite – à l’instar d’un « tweet » la complexité de 5000 ans d’histoire de la pensée avec une simplicité tout à fait abyssale. Les 140 signes en sont devenus presque instructifs. L’espace se voit rétréci à la distance entre l’écran et le corps. Le terrier labyrinthique de l’homme est à présent son écran, sa toile, mon miroir instantané. La crise écologique rempli les esprits au point où l’on pourrait presque en oublier de se nourrir. Ne sachant plus comment manger, tant le consumérisme est toxique. Cette dimension simpliste, médiocre et parfois vulgaire de notre époque a du bon. En cela qu’elle peut nous rappeler une chose : vivre le présent. Ici et maintenant reste l’unique secours, la part de l’instinct de conservation. Face aux diverses urgences ; soyons lucides : il est nécessaire de se protéger, physiquement. Or, cet imprimitif a du positif. Ceci nous revoie primitivement d’une manière archaïque à la source intuitive de la vie. L’instinct semble devenu une sorte d’éthique à tenir. Chez chaque être humain, la vie émerge mystérieusement, avant il n’y a rien, après le « flux-filmique » de la conscience se déroule, ensuite et finalement : nous revenons à la source comme si nous repliions ou repartons … nous acheminant dans un tunnel, comme si nous disons au-revoir à ce flux, pour revenir au néant. Originellement. Recouvrant la poussière. Vide … 

Apprendre à apprendre, la chose procède d’un accès aux connaissances pour consister un savoir en progression (celui du garagiste, du professeur, du médecin, de l’artisan etc.) – de nos jours tout repère pas staptio-temporel, historique et géographique est perdu. Nous nageons dans le brouillard et la liquidité d’un monde social, schizophrénique. Exactement dédoublé entre : le corps et l’esprit – à l’inverse d’une démarche de changement de genre et de sexe qui, justement unit l’âme du corps-sexuel. Là où l’hypocrisie bourgeoise nie, par culture, l’unité du corps et de l’esprit, car cette dernière fait prévaloir l’esprit sur le corps. L’inverse est aussi vrai chez les prolétaires, qui font prévaloir le corps sur l’esprit. La classe moyenne, souvent, n’accorde aucun privilège à l’on ou à l’autre, elle reste. Molle. Trivialement parlant, la moyenne ne sait faire qu’une chose : préserver un espace et un temps sans aucune densité. La densité de la misère est aiguë car elle porte à fureter tout azimut pour trouver à manger. Celle de bourgeoise tend à chercher toujours plus d’élévation l’âme. Le temps est long chez les pauvres. Court chez les riches. Va de soi, glisse chez les gens médiocres ; la vulgarité de notre contemporanéité est tissée en un pauvre vêtement, dépourvu de toutes racines comme un train aveugle sans station de départ ni terminus, sans origines ni fondements spatiaux et temporels.

Le pas au-delà : la parole publique …

Depuis des millénaires des peuples cherchent à se nourrir, cherchent un lieu où ils ne seraient pas rejetées, chassés. Ainsi donc le génie des « datas » de notre temps se situe en une compression du message, agrégations communicationnelles, synthèse du fond et de la forme. Immédiatement, cela peut faire bondir. Mais non, car en définitive nous sommes tous des sortes de poèmes du capitalisme, uniques, jetables et magnifiquement vivants, mystiques et éphémères objets de consommation courante. Cet ultra présentéisme est en son climat un effacement du sujet, du moi. L’individu venu des Lumières est donc mort avec le principe d’Humanisme. Peut-être est-‘il devenu un objet-sacré – une marque- Divine ? Comme dans les années 1960 la Citroën DS ou le catch étaient des sortes de Mythologies modernes. Nous sommes devenus des objets à jeter, tour autant que des médiateurs spirituels d’une transmission humaine. Mais que laissons-nous à nos enfants ? Si la voix humaine a disparu, au sein « du désert du réel », cela est aussi lié aux angoisses de perte de l’objet, peurs d’être impuissants, d’être « sans son doudou ». Ne pas oublier ce que disait en substance le maître de Nietzsche : Toute vérité franchit trois étapes ; temporelle, spatiale et biologique. D’abord elle est ridiculisée par sa platitude, sa petitesse spirituelle. Ensuite, elle subit une forte opposition face à nos pulsions, puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence, une vérité pour le sujet. Au reste, face à la vie des nomades, l’on ne peut agir qu’un en insecte fonçant en direction de la lumière …  – qui écrit, décrit, inscrit, cette coupure-avec-soi : notre prostitution !

L’image contient peut-être : 1 personne, assis
Photographie, par Sara-Aviva : « Composition sous forme d’écrans du réel contemporain ».

Auteur : Sara-Aviva Gerbaud

Né.e (Christophe, Jean, Patrick) le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné.e Adopté.e à six mois. Handicapé.E visuel.le. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il /elle a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien.e stagiaire pendant un an (2014/2015). A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans Paris, en musées ou par skype dans le cadre de séances de psychothérapie. Transition via hormonothérapie débutée en septembre 2018, à ce jour le changement d'identité juridique et de genre est en cours. Prénom féminin officialisé en mai 2019 : Sara-Aviva.   A présent 2019 : auteur.e de trois ouvrages publiés chez de petits éditeurs depuis 2017 et d'une vingtaine d'articles depuis 2003. Contact : 06 48 24 88 44 sara.aviva79@gmail.com

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