Ce jour où l’on sort – dire « A Dieu ».

A propos : cette historiette – qui est une courte nouvelle – parle du mystère de l’être, cet être même qui tue des gens. Cette énigme nous échappe. Ce sont des djihadistes qui tuent des musulmans.Une femme est tuée. Alors que j’allais au mois de juillet 2019 me faire épiler le visage par mon médecin H. Sarfati à Montreuil : j’écoutais sur la ligne 9 des femmes Algériennes parler en Arabe. J’essayais de comprendre quelques mots. Écoutant, avec mon téléphone, Sapho justement. Et, les regardant, je pensais à tous ces montres musulmans qui tuent des musulmanes : leurs sœurs et des musulmans, : leurs frères. Ce sont là les ruines d’une civilisation perdue, l’humanisme, le savoir scientifique hérité d’Aristote, le Saint Coran perçu par des sages oublié au profit des armes à feu. Le vieux monde oriental devenu frustré par sa chute. La guerre des excités par la haine contre la liberté et le bonheur est incarnée par la violence contre la culture. Tout manichéisme est un fascisme.

Elle vient de partir de chez elle. J’ai connu sa famille. Nous étions dans le même village. Comme presque tours les jours à sept heures trente. La cuisine reste mal rangée. Après quelques mots forts hier soir. Un croissant, un éclat de rire. Son mari Adel, lui dit qu’elle est belle. Sarah est heureuse, car ils viennent de se retrouver. L’amour, la nuit apaise souvent les esprits courroucés. Mais dans une heure elle va mourir
Elle n’a pas choisi son destin. Elle se souvient. De l’oncle Ben. Des nuits passées à Tipaza. De la mer. Surtout de son fils : le petit garçon Ethiam. Il suffisait de presque rien. Juste là, au mauvais moment ; elle n’aurait pas du être présente aussi tôt. Sur les lieux, le réel est déchiré..Puisqu’il fallait prendre le train. Aller en ville. Partir. Départ … Encore, comme chaque jours mais cette fois-ci, il s’agit du grand saut. Et la ville pleure ses enfants. Alors que le pays chante sa patrie. A Dieu ! Nous sommes tous dans le noir. Sur un tableau sans couleurs, nous écrivons. Si tu n’existes pas, cher mystère de la Nature … au moins fait le savoir. A Dieu, notre religion est le doute, mais même de cela nous en doutons. Je n’ai plus de questions face à cette perte de raison. Mes yeux sont plongés dans l’abîme, en pleurs.Mon cœur est égaré, sans maison. Sarah attend une fille. Elle aimerait donner naissance à une princesse.
Elle jure qu’elle n’en aura pas plus. Les loyers sont chers et la place réduite.Avant de partir elle est joyeuse.Son époux touche son ventre, les yeux qui brillent.Pourquoi juste à cet arrêt de bus, alors que cette semaine elle devait prendre la voiture? Elle devait aller au concert, quelques heures plus tard, après le travail. Mais la place du marché est vide. Le ciel bleu et le soleil blanc. Comme une Algérie transposée sur une veille carte postale.
Pourquoi ce type est si couvert? l fait si chaud à Paris. Est-ce un toxicomane, un vagabond qui porte sa vie ?.Le sang se mélange à la terre. Il n’y a pas de guerre qui soit Sainte. Le monde reste sans voix. Sidéré. A Dieu, face à ces yeux éteints.Nous sommes tous dans le noir, car l’espoir y est souvent au plus profond pour qui sait le voir.
Si tu n’existes plus, alors il faudra revenir à la vérité, celle des gens tués. Au moins fais le savoir, car nous sommes tous étrangers et ne connaissons pas notre destinée.
A Dieu ? Ce n’est pas sérieux , si? Je n’entends plus l’Histoire, seule la tragédie est visible. Cette maladie transmissible qu’est la vie. Nos yeux sont fatigués.Et nos cœurs ont perdu la mémoire. Il est 8 heures 15 et le bus est en retard..Comme à peu de chose près tous les jours, où Sarah ne prends pas sa voiture. Aujourd’hui il est trop tard.L’homme ne montera pas dans la tourl voit des cris courir vers lui, mais sa folie l’a déterminé.
Il croise des yeux qui hurlent de peur. La vie effraie, là où la mort décompose.Pourquoi toutes ces larmes, pourquoi pas lui? Cet homme est ailleurs, déjà loin.
Et ces poussières d’étoiles, à vie …. dans le cœur s’envolent. Sarah tombe au sol. A Dieu
Nous écrivons en noir, une vie aux inconnues.Si tu n’existes plus, Allah, au moins fait le savoir, les hommes attendent tant de toi. Au-revoir Ils se réclament de toi, sans jamais douter ni méditer Dis-leur que ce n’est pas toi. Je suis que nous ne sommes personne. Et que tout le monde dans son âme te prie – même s’il n’y a rien, juste les corps, la cité, la violence et la politique. Dis-moi J’entends Dieu parler de moi Ce n’est pas toi. Non, les hommes sont seuls face à leurs « satanées pulsions » Alors ….
Les réalités de l’esprit ne sont ni dans un lieu, ni dans un espace.
Qui a voulu tout ça, Sarah ?

Auteur : Sara-Aviva Gerbaud

Né.e (Christophe, Jean, Patrick) le 5 juin 1979 à Montauban. Abandonné.e Adopté.e à six mois. Handicapé.E visuel.le. Enfance calme. Adolescence trés mélancolique. Premiers écrits à 18 ans. A 21 ans apprend qu'il /elle a une sœur et l'existence de sa mère biologique. Commence à se travestir. Recherches de famille biologique entamées s'avérant vaines. Etudes d'histoire de l'art (Deug), de philosophie (Master 2).A l'âge de 32 ans passe un second Master (sociologie) tout en enseignant la philosophie et la santé publique dans diverses institutions et en étudiant dans plusieurs associations (Paris VII, ALI APPS, Analyse Reichienne) la psychopathologie clinique. Après avoir été clinicien.e stagiaire pendant un an (2014/2015). A prés de 40 ans, l'écriture continue. Depuis 2017, reçoit en cabinet dans Paris, en musées ou par skype dans le cadre de séances de psychothérapie. Transition via hormonothérapie débutée en septembre 2018, à ce jour le changement d'identité juridique et de genre est en cours. Prénom féminin officialisé en mai 2019 : Sara-Aviva.   A présent 2019 : auteur.e de trois ouvrages publiés chez de petits éditeurs depuis 2017 et d'une vingtaine d'articles depuis 2003. Contact : 06 48 24 88 44 sara.aviva79@gmail.com

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